Pas de vacances pour le tri !
A peine avons-nous franchi la douane américaine, qu’il est aisé de libérer nos sac-à-dos des divers emballages sans alourdir Dame Poubelle.
Le recyclage est omniprésent dans les aéroports américains que j’ai parcourue (Philadelphia, Chicago, Phoenix et Los Angeles), et il est d’ailleurs difficile de contourner cette volonté d’offrir une deuxième vie aux déchets.
Dans chacune des salles d’embarquements ou à proximité des lieux de restauration rapide est disposé un arsenal extrêmement complet pour le tri : d’immenses volumes rectangulaires, qui engloutissent séparément papiers- plastiques et canettes, arborrent la consigne suivante : « We recycle, put it here [1] ».
Pas besoin de parler anglais couramment pour conserver ou se convertir à « l’éco-attitude » !
Et si l’amincissement des poubelles passait par une réorientation de la consommation ?
C’est ce que prônent différents commerces ou encore un groupe d’auberges de jeunesse, « Hostelling Hostel », qui par sa gestion s’évertue à influencer, voire modifier nos gestes éco-citoyens.
Contre les sacs en plastiques, des sacs nationalistes ?
Afin que le paysage californien cesse d’être émaillé de plastiques volatiles, certains magasins d’alimentation ne fournissent que des sacs en papier recyclés, tandis que d’autres proposent, tout en pratiquant une distribution massive des traditionnels sacs, une vente de cabas. Dans ce cas, la disparition progressive des sacs en plastiques est intimement lié à l’engagement du client.
Pour convaincre ce dernier de s’acquitter de sacs réutilisables à souhaits, on ne lésine pas sur les mots. Un slogan recouvrant un cabas m’a particulièrement interpellée ; un slogan qui nous invite d’abord à protéger l’environnement des États-Unis avant de préserver la planète : « For a greener America [2] ».
La sensibilisation à une prise de conscience de nos actes sur l’environnement, pénètre-t-elle davantage les esprits en évoquant en premier lieu l’avenir écologique de leur pays ?
L’accessoire tendance : la gourde
L’image des américains conduisant tout en buvant ou marchant dans la rue tout en tenant un verre ou une bouteille en plastique n’est pas une caricature. Ici, tout au long de la journée on boit en grandes quantités différentes boissons chaudes ou froides.
Face à cette forte consommation, les magasins d’alimentation, les pharmacies ou encore des bars incitent les clients à amoindrir l’amoncellement des contenant plastiques par la vente de gourdes.
Chose surprenante, la gourde n’est pas essentiellement réservée qu’à une substitution de la bouteille d’eau en plastique. Dans les bars, on peut présenter notre gourde au serveur qui nous l’a remplie de la boisson désirée.
La gourde ou « comment éviter de produire des déchets »… objectif qui anime également les auberges de jeunesse citées précédemment. Toutes doivent mettre en œuvre ce que promulgue la charte écologique, « green certified [3] », à laquelle elles adhèrent depuis soixante-quinze années.
Dans la vie quotidienne, cela se décline en plusieurs actions :
- les contenants à usage unique sont bannis : il est formellement interdit d’utiliser toute sorte de couverts ou plats en plastique. Ainsi, on privilégie les contenants qui ont une longue durée de vie, par exemple, on ne cuisine qu’avec des plats en céramique ;
- la consommation d’eau est strictement contrôlée et maîtrisée : les sac de couchage sont obligatoires ce qui évite de laver une grande quantité de draps ; les matelas sont dépourvus de drap-housse, seule une éponge humidifiée suffit pour le nettoyer ;
- à chaque matériau, sa poubelle : papier, carton, plastique, verre, métal et compost ;
- les produits biodégradables pullulent :
- pour le ménage, aucun produit d’entretien n’est nocif aussi bien pour la nature que pour la personne qui l’utilise,
- feuilles, papier toilettes, serviettes ou encore cartes postales sont tous en papier recyclés.
Pour chaque geste, pour chaque acte, on mesure son impact écologique sur l’environnement
Les employés des auberges de jeunesse s’attachent à divulguer leurs engagements par une visite de chaque pièce.
L’une d’entre elle, située à Sausalito (nord de San Francisco), s’enorgueillit d’avoir réalisé l’année dernière un repas réunissant deux cents personnes sans produire de déchets, tout ça en appliquant les principes énoncés !
La sensibilisation pour une « green America » ne se limite pas qu’à une communication orale essentiellement dirigée vers les adultes.
On s’adresse également à ceux pour qui nous œuvront : les enfants.
Chacun d’entre eux reçoit des documents pédagogiques et ludiques qui, outre offrir une description historique et géographique du site, exhortent l’éco-citoyen de demain à « get active [4] » : on invite les enfants à planter un arbre et à réduire le gaspillage de papier aussi bien à l’école qu’à la maison : « You can reduce waste by reusing and recycling paper and cardboard at home and at school [5] »
Et si le recyclage commençait par un jeu d’enfant, aux États-Unis aussi !